
Les chevaux sont les ailes des Kirghizes
Peut-être que l’hospitalité kirghize vient du fait que ce magnifique pays se situe sur la route de la Soie. Les voyageurs dès le IIème siècle avant JC qui voulaient relier l’Orient à l’Occident s’arrêtaient naturellement dans les yourtes kirghizes lors de leur épuisant périple à travers les steppes et les montagnes. Quelle qu’en soit l’origine, lors d’un voyage au Kirghizistan vous serez séduit par cette hospitalité et les somptueux paysages qui s’offrent à vous.
Le Kirghizistan se situe en Asie Centrale au sud du Kazakhstan et à l’ouest de la Chine, sont histoire est riche et très ancienne. Dès l’Antiquité, il est habité par des nomades turcs et de nombreux voyageurs faisant halte sur la route de la Soie. A partir du IX ème siècle, les kirghiz apparaissent comme un peuple distinct qui sera dominé tout à tour par les mongoles, les ouzbèkes puis les russes à la fin du XIXème siècle. En 1936, il est rattaché à la grande puissance qu’est l’URSS jusqu’à la chute de celle -ci en 1991, année de l’indépendance kirghize.
Toutes ces dominations ont laissé leurs empreintes tant sur la culture, le mélange dans la population que dans l’architecture. Traditionnellement les kirghizes vivent dans des yourtes, ce qui est encore le cas dans les montagnes, mais à contrario dans les grandes villes, nos yeux se heurtent à des monuments au style brutaliste soviétique. Souvent construits en béton, les théâtres, immeubles résidentiels, bâtiments gouvernementaux font la part belle à la fonctionnalité et au monumentalisme lié à l’image de l’URSS. Donc dire que les villes kirghizes sont belles seraient exagéré de mon point de vue mais elles sont intéressantes car elles reflètent à merveille l’histoire de son pays.
Le 90 % du territoire se situe à plus de 1’500m d’altitude, la chaine montagneuse du Tian Shan ajoute un magnifique arrière plan aux panoramas spectaculaires.
La spiritualité tient une grande place au sein du peuple kirghize, le pays est officiellement laïque et il règne une grande tolérance religieuse due aux nombreuses dominations, la majorité des kirghizes sont musulmans sunnites mais les croyances traditionnelles païennes tel que le chamanisme et l’animisme se mêlent à la religion. L’animisme kirghize n’est pas seulement une croyance, mais aussi un mode de vie qui guide les interactions des Kirghizes avec la nature et leur communauté.
Place maintenant à l’itinéraire :

- JOUR 1 Bichkek
- JOUR 2 Bichkek – Bourana – Tcholpon-Ata
- JOUR 3 Tcholpon-Ata – Gorge de Grigorievka – Karakol
- JOUR 4 Karakol
- JOUR 5 Karakol – Jety Oguz – Barskoon – Tamga
- JOUR 6 Tamga – Skazka – Bokonbaevo – Kotchkor
- JOUR 7 Kotchkor – Tach Rabat
- JOUR 8 Tach Rabat – Son Kol
- JOUR 9 Son Kol – Bichkek
JOUR 1 Bichkek
La capitale du Kirghizistan est située à une altitude d’environ 800 m juste dans le Nord d’Ala-Too, le prolongement de la chaîne de montagne de Tien Shan, qui monte jusqu’à 4 800 m.
Elle se situe proche du Kazakhstan voisin, comme déjà évoqué son architecture rappelle l’ère soviétique avec de nombreux bâtiments en marbre ou béton plutôt massifs et austères qui bordent de grandes avenues avec de chaque côté des petits canaux d’irrigation qui donnent de l’eau en abondance aux nombreux arbres. Nous commençons notre visite sous un soleil de plomb au bazar d’Osh, toutes les spécialités kirghizes sont réunies, des fruits et légumes dont une bonne partie aussi séchés, le kurut (fromage séché) du miel avec pour certains pots des fruits secs et le lepyoshka ( pain rond avec des décorations magnifiques ) Mais il y a aussi le quartier des bouchers et des textiles où l’on trouve beaucoup de produits faits en laine. N’hésitez pas à goûter le fameux kymyz, le lait de jument fermenté… je vous laisse la surprise.






Nous poursuivons notre visite à pas lents sous une chaleur étouffante, même les sommets enneigés au loin ne nous rafraichissent pas. Nous nous rendons sur la Place de la Victoire en l’honneur de la victoire sur l’Allemagne nazie, elle a été érigée en 1985, pour l’anniversaire des 40 ans de la fin de la guerre. Au centres des 3 arcs représentant une yourte se trouve une flamme éternelle.

Nous passons devant le récent monument datant de 2021 qui a été salué lors de l’inauguration par le président kirghize en ses mots :
« Aujourd’hui marque un événement très important pour le peuple kirghize. De nombreuses études sont menées sur ce héros, issu de la tribu Solto. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le Baatyr de Bichkek a combattu ses ennemis pour le bien du peuple kirghize. Je demande au ministère de la Culture et à la mairie de la capitale de déployer des efforts pour préserver ces monuments », a déclaré Sadyr Japarov.

Nous nous approchons du parc Dubovy où la fraicheur des grands chênes nous tend les bras. Au centre du parc, nous contemplons la sculpture de la Reine du Sud. Kurmanjan Datka, une figure historique kirghize, également connue sous le nom de “Reine d’Alai”. Elle est une figure importante de l’histoire kirghize, reconnue pour son rôle de leader politique et son héritage féministe, démocratique et patriotique, son portrait apparaît également sur les billets de 50 soms.

Longeant le parc un bâtiment imposant tranche la verdure et s’impose devant les sommets enneigés c’est le Musée d’Etat kirghize. Il contient des milliers d’objets exposés datant de l’Antiquitié à nos jours et retraçant le patrimoine culturel du peuple kirghize.





Un détour à l’hôtel pour se rafraichir avec une bonne douche et l’on passe vite au bancomat afin de récolter quelques soms. Pour vous donner une idée 100 Soms équivaut à 0.98 Euros.
Voici le site de notre hôtel très bien situé si jamais :
Et le lien ci-dessous vous conduira au restaurant Navat qui est un des meilleur restaurant de Bichkek, selon un célèbre site de comparaison :
Et enfin … une bonne nuit de sommeil pour nous qui étions debout depuis 36 heures… Pour la bonne compréhension de la suite de notre voyage, je me dois de vous présenter notre joyeuse bande de Co voyageurs. Sur le papiers les chances de rendre ce groupe homogène était quasiment inexistantes. Un couple de cinquantenaires curieux et sportifs, un jeune retraité français passionné de photo et de voyages, une californienne de 28 ans baroudeuse, un couple lusitano-turc d’une trentaine d’année et deux dames octogénaires italiennes, voyageuses invétérées. Et pourtant, ce melting-pot humain apportera la touche de générosité et d’entraide à ce périple.
JOUR 2 Bichkek – Bourana – Tcholpon-Ata
Un copieux petit déjeuner, où le salé et le sucré se confond au sein du buffet et nous voilà enfin partis à la découverte de ce pays stupéfiant. Notre petit bus se remplis et on the road again…
La tour Burana est un vestige fascinant situé dans la vallée de Chuy, près de la ville de Tokmok, cet ancien minaret est tout ce qui reste d’une ancienne ville appelée Balasagun, autrefois florissante et capitale de l’Empire Karakhanide. À l’origine, elle mesurait près de 45 mètres de haut, mais à cause de séismes elle ne fait plus que 25 mètres.
Tout autour de la tour vous pourrez admirez de magnifiques balbals, pierres tombales turques qui représente tour à tour des hommes ou des femmes (avec des boucles d’oreilles) mais toujours avec une boisson devant eux. Des vestiges de moulins à grains et quelques pierres avec des pétroglyphes composent la fin du tour qui mène à un petit musée avec des pièces récoltées dans l’ancienne citée de Balasagun.
Nous laissons la grande dame contempler d’autres voyageurs et nous faisons un stop pour le repas de midi dans une famille dougane. Les Dounganes sont une ethnie chinoise de confession musulmane, isus du peuple Hui, qui a fui la Chine en passant la chaîne de montagne de Tian shan pour se retrouver dans les anciennes républiques soviétiques, à la suite de la Guerre des minorités Hui au XIXe siècle.
Leur langue officielle, le doungane est un dialecte chinois dont une partie du vocabulaire est emprunté à l’arabe, au perse et au turc. Cette population est estimée à un peu plus de 100’000 personnes, dont plus de la moitié résident au Kirghizistan. Ils ont conservé une grande partie de leur culture et disposent d’une identité distincte du peuple kirghize. Cela se remarque à travers l’architecture de leurs villages, qui s’apparente au style chinois. Il en est ainsi de la fameuse mosquée doungane qui se trouve à Karakol.
Les dounganes sont d’excellents agriculteurs et sont à l’origine d’un bon nombre des produits de très bonne qualité au Kirghizistan. Outre leurs compétences agricoles, ils sont aussi réputés pour leur cuisine. En effet, ils sont à l’origine de l’un des plats les plus populaires au Kirghizistan, le lagman. Il s’agit d’un plat de nouilles avec des légumes frits et de la viande, le tout servi dans un bouillon aromatisé.







Après un somptueux repas, nous reprenons la route en longeant le lac d’Issyk Kul pour atteindre la ville de Tcholpon-Ata qui représente le Saint-Tropez kirghize.
Mais avant de découvrir cette station balnéaire, un arrêt au musée ouvert de pétroglyphes qui s’étend sur 42 hectares où vous aurez le loisir d’admirer des pierres, des tombeaux, de balbals et divers pétroglyphes. Certains de ces pétroglyphes datent de la fin de l’âge du bronze soit 2’000 ans avant notre ère mais la plupart sont issus des tribus Saka-Usun et datent du VIII ème siècle.





Quelques minutes après nous atteignons notre immense hôtel et prenons nos affaires de plage. En descendant en direction de la mer, nous constatons qu’il y a des dizaines d’allées bordées de maisons de vacances. Et quelle ne fût pas notre surprise de tomber sur une plage qui n’a rien à envier aux plages italiennes de la région de Rimini. Parasols et chaises longues à perte de vue, restaurants, bar à la musique moderne, tous les ingrédients étaient là. Sauf peut-être la chaleur de l’eau du lac qui se situe à 1’607m.



Ici pas de marchands de glaces et beignets mais des marchands de pain, épis de maïs et poissons séchés, on est bien au Kirghizistan.

PARCE QUE L’ON SE DIT TOUT on a voulu commander des cocktails, bhein oui l’ambiance s’y prêtait. Nous n’avons sans doute pas les codes, car après 10 min à attendre notre table en regardant les 5 serveurs discuter, j’ai tenté de demandé une carte. Ils m’en ont tendue 2 mais uniquement en cyrillique… heureusement j’avais des données à l’étranger et google … alors je repère mon cocktail 1ère ligne gauche, le deuxième est à la seconde colonne 5ème et les pistache sur l’autre page dernière ligne…je vais passer ma commande avec des gestes et mon décompte.
Sauf que les pistaches se sont transformées en lait fraise… je n’avais pas tourné la bonne page …

Notre chauffeur vient nous chercher pour nous emmener manger chez une famille kirghize, alors là c’est le luxe, la yourte est richement décorée, les chaises sont capitonnées et le sourire de la patronne éclatant. Nous allons nous régaler entre deux séance de photos voulues par la patronne, allons nous nous retrouver sur sont futur site …



Traditionnellement les convives s’assoient parterre et mangent sur des tables basses, là manifestement ont mange plus à l’européennes. Les tables kirghizes sont alléchantes… plus il y a de nourriture plus l’hôte est respecté. Donc vous retrouverez sur toutes les tables kirghizes le « kaimak », crème fraiche maison, et les « boorsok », des petits pains fris, ainsi que du pain, de la confiture maison et du miel. Souvent aussi de grands présentoirs avec des fruits des bonbons et des biscuits.
Ensuite vous sera servit des salades, souvent des concombres et tomates et des légumes grillés, puis le plat chaud est placé dans une grande assiette au milieu de la table. Il est de coutume de manger directement dans ce plat commun avec de grosses cuillères, généralement vous n’aurez pas de couteau à table. Mais les familles habituées à accueillir des touristes servent le repas dans des assiettes individuelles.
JOUR 3 Tcholpon-Ata – Gorge de Grigorievka – Karakol
Aujourd’hui, après un petit déjeuner bruyant et oui tous les habitants des maisons de vacances doivent bénéficier du service hôtelier. Nous prenons la route direction les gorges de Grigorievskoe et Semienovskoe. Les paysages rappellent la Suisse si l’on enlève les yourtes et les chevaux qui peuvent se déplacer à leur guise. (certains sont tout de même entravés et ça me plaît beaucoup moins)




Petit arrêt au sommet du col pour admirer ces sommets enneigés au loin. Nous ferons un stop dans une Guest house et mangerons dans le jardin à l’abri un repas, encore une fois, délicieux.




Home
Cette guesthouse créée en partenariat entre Jacobiene et Ludmila et les locaux. Le but est d’avoir un impact social dans la région en favorisant les emplois chez les voisins et les cultures du village 100% biologiques.
Nous reprenons notre voyage direction Karakol avec comme gardienne de notre route au loin la chaine de montagnes du Tian Shan , le ciel est bas et gris, les photos de la mosquée doungane et de la cathédrale orthodoxe de la sainte Trinité seront tristes.
La visite de la mosquée doungane sera rapide, car nous ne pouvons pas y pénétrer. Elle est cependant célèbre car elle reprend les couleurs et les attributs chinois de la minorité Hui, de plus elle a été construite sans aucun clou dans les années 1907 – 1910.
PARCE QUE L’ON SE DIT TOUT: les femmes doivent porter le voile et être couvertes, de grandes capes sont à disposition dans l’entrée mais vous pouvez aussi vous couvrir les cheveux avec un foulard. Attention, les hommes ne peuvent pas entrer dans l’enceinte en short.
Nous nous rendons à la cathédrale de la sainte Trinité symbole de Karakol. L’histoire particulière de cette cathédrale datant de juillet 1869, lorsque Karakol était une ville de garnison, elle fût d’abord construite en briques pour la garnison tsariste. Puis reconstruite en 1889 en bois suite à un violent tremblement de terre. Après la révolution de 1917, elle fut utilisée pendant de nombreuses années comme centre d’entraînement, qui abritait un gymnase féminin, un établissement d’enseignement supérieur, une salle de sport, un théâtre et même comme magasin de charbon. Puis, en 1991, après l’effondrement de l’Union soviétique et l’indépendance du Kirghizistan, les autorités locales rendirent le bâtiment à l’église. La décoration intérieure est très intéressante et reflètent bien les traditions russes et leurs icones ainsi que les traditions locales avec des reliques de martyrs locaux.
PARCE QUE L’ON SE DIT TOUT la partie de droite est réservée aux hommes et la partie de gauche aux femmes, c’est le cas dans toutes les églises orthodoxes, la droite est souvent associée au masculin, au divin, et à la place du Fils (le Christ), tandis que la gauche est associée au féminin, à la création, et à la place de Marie, la mère de Jésus.
lorsque nous sommes entrés, les fidèles chantaient d’une manière enveloppante, c’en était troublant, la décoration riche faite de fresques, d’icones participe à rendre ce lieu pénétrant et solennel.





PARCE QUE L’ON SE DIT TOUT Le soir nous sommes allés mangé dans un restaurant réputé de Karakol Archa, Art of food, malheureusement mon estomac n’a pas aimé et la nuit fut longue et poncutée d’allers et retours dans la salle de bains. Par chance, nous restions tout la journée du lendemain à Karakol.
JOUR 4 Karakol
N’ayant pas pu sortir de mon lit, je ne peux pas vraiment vous raconter la journée d’aujourd’hui. Le temps avait complètement viré au gris et il a pratiquement plus toute la journée. Cette journée s’est déroulée ainsi visite du musée consacré à Nikolai Przhevalsky, le célèbre explorateur russe du 19ème siècle. Puis ils sont sortis de la ville pour se rendre à Tepke à la ferme locale Reina Kench, où ils ont pris leur déjeuner.
Après le repas, visite de la ferme : jardin, écuries avec élevage de chevaux, de vaches, de moutons et de chèvres. Et un magnifique cheval aux yeux bleus. Ensuite retour à Karakol où ils sont montés à bord d’un bateau pour une balade sur le lac Issyk Kol avec en fond la fameuse chaine de montagnes Tien Chan, mais malheureusement sous la pluie.





Le soir ils sont retournés manger au restaurant Archa, toujours sans moi.
JOUR 5 Karakol – Jety Oguz – Barskoon – Tamga
Je vais mieux, mais je me sens faible. L’envie de découvrir sera plus forte … Et nous voilà parti pour la région de Jety Oguz qui est considéré comme l’un des plus beau sites du Kirghizistan ! Entre vallées luxuriantes et gorges impressionnantes. Elle sert aussi de réserve zoologique nationale, abritant de nombreuses espèces d’animaux, mammifères et oiseaux.
Mais c’est aussi un lieu rempli de légendes et d’histoires des temps anciens. La montagne devant laquelle nous faisons notre premier stop et la montagne des “7 Taureaux” et la montagne du “Coeur brisé”, deux légendes kirghizes.
La légende des 7 taureaux : Il y a longtemps, deux khans ( dirigeants en Asie Centrale ) étaient rivaux, et l’un d’eux a enlevé la femme de l’autre, déclenchant un conflit sanglant. Un khan sage a conseillé au khan kidnappeur de tuer la femme pour éviter la guerre. Ce dernier a organisé un festin, tuant sept taureaux et à la fin tuant la femme. Le sang de cette dernière se mélangeant à celui des taureaux et transformant les rochers en “Sept Taureaux.” La légende du Coeur brisé, une très belle femme avait les faveurs de deux hommes, elles les mis au défis de se battre pour elle et qu’elle épouserait le vainqueur, malheureusement les deux rivaux meurent lors du duel, ce rocher symbolise son coeur brisé.






Nous nous arrêtons pour déjeuner dans le restaurant Syy-Ordo jute à côté de la ville de Kyzyl Suu, comme toujours il y a profusion de mets sur la table, mais mon estomac a décidé que je me passerai du repas et seul le thé passe et un peu de riz.
PARCE QUE L’ON SE DIT TOUT Ce restaurant est une halte pour touristes avec de grandes salles numérotées et des yourtes sous un couvert. Voilà… le souvenir ne restera pas …
On reprend la route en longeant le lac direction Barksoon,qui signifie en Kirghize “les larmes du léopard de neige”. Cette région, habitée par de nombreux léopards, a deux belles cascades d’où elles tirent ce nom poétique. Nous montons direction les sommets enneigés jusqu’au monument en hommage à Youri Gagarine. Impossible de vérifier cette info, mais il semblerait que M. Gagarine venait facilement se reposer entre deux missions dans la vallée de Barksoon. Nous montons jusqu’à la première cascade, la montée est ardue enfin sans avoir mangé depuis 2 jours et surtout nous sommes à 1’800m d’altitude. Les embruns de la cascade nous rafraichissent et les premières gouttes de pluie accompagneront notre descente.
Nous redescendons au bord du lac pour atteindre notre guesthouse du soir tenu par Pavel, un russe jovial. La décoration est restée figée dans les années soviétiques mais l’accueil chaleureux de Pavel et sa famille ont laissé un joli souvenir dans nos coeurs. Avant le souper Pavel nous a fait chauffer son sauna …oui mais attention les saunas kirghizes ou banya en russe, atteignent les 100 degrés… Nous ne nous sommes pas fait prié pour se jeter dans le bassin d’eau froide attenant au sauna. Mais quelle expérience d’être tous entassés dans cette mini cabine en bois, où l’on joue aux chaises musicales à chaque fois qu’une personne sort terrassée par la chaleur.





Puis nous passons à table, avec le fameux bortsch russe, soupe de betterave rouge avec du chou et des carottes, puis un poulet grillé avec du riz et comme légume … des pommes de terres nous sera servit avec des fruits du jardin en dessert.
la soirée est douce, personne n’a envie d’aller se coucher, d’un côté des parties effrénées de ping pong et de l’autre des discussions à bâtons rompus entre une portugaise, une californienne, un kirghize, un danois et 3 israéliens. La magie de l’anglais rend ces moments uniques possible. Les discussions et les balles de ping pong s’évanouissent au milieu du magnifique jardin de Pavel. La nuit sera réparatrice et sereine.
JOUR 6 Tamga – Skazka – Bokonbaevo – Kotchkor
Nous nous réveillons avec un porridge fumant, du thé et des confitures maison, quel accueil !! Nous regrettons de devoir quitter ce petit havre de paix enveloppant. Puis départ pour un endroit que j’attendais avec impatience le Fairytale canyon ou le Canyon de Skazka. Et je vous promets qu’il porte bien son nom. Nous arrivons relativement tôt au canyon en tous cas avant les touristes asiatiques et pouvons ainsi en profiter en toute quiétude. Le canyon se distingue par ses couleurs vives, allant du rouge et de l’orange au jaune, dues aux dépôts minéraux, ses formes féériques ont été sculptées par l’érosion des roches, donnant ainsi l’impression d’être entouré de châteaux, d’animaux sensationnels ou de géants endormis. La vue sur le lac d’Issyk Kul ajoute une touche de bleu et de profondeur aux photos. La légende raconte que les formations rocheuses seraient les vestiges d’un dragon pétrifié. Je vous laisse admirer.
Nous reprenons la route avec des images plein les yeux et en remerciant le guide de nous y avoir conduit avant l’arrivée massive (tout est relatif) de touristes. Nous longeons le lac direction la ville de Bokonbaevo et sortons en direction d’une petite colline. Où nous retrouvons un jeune kirghize en costume traditionnel qui nous explique la chasse à l’aigle. La chasse à l’aigle, ou berkutchi, est une tradition ancestrale pratiquée par les nomades kirghizes depuis des siècles. Cette technique consiste à dresser des aigles royaux pour chasser des petits mammifères comme les renards ou les lièvres dans les montagnes. Ils prennent les aigles dans le nid à peine sorti de l’oeuf, uniquement des femelles car elles sont plus robustes, plus grandes et plus vives. Elles peuvent voir une proie à plus de 5km. Les chasseurs gardaient leur aigle durant 10 à 15 ans et ensuite, par respect, lui redonnait sa liberté avec une petite cérémonie.












Puis c’est au tour des chiens kirghizes adaptés à la montagne et pouvant courir à plus de 60km/h, de vrais chasseurs mais des chiens super gentils, de faire le show.
Puis nous ferons une initiation au tir à l’arc, beaucoup plus compliqué que cela semble.


Nous redescendons au village de Bokonbaevo où nous sommes accueillis dans une magnifique yourte au fond du jardin d’une très sympathique famille. Nous mangerons à la mode kirghizes parterre sur des coussins. Un vrai régal …
Comme à chaque voyage je laisse des crayons aux enfants qui se sont empressées de dessiner, les crayons ont quelque chose de magique qui permet de faire des chefs d’œuvres et de créé des ponts entre les gens.





Cet après-midi sera sous le signe de la construction, au départ un jeune garçon nous explique comment on fabrique les pièces en bois, en cuir ou en laine qui constituent une yourte. C’était vraiment super intéressant ce savoir faire inchangé depuis des décennies (uniquement pour les yourtes traditionnelles, car maintenant il se fait de plus en plus de yourte avec une ossature métallique.) et ensuite nous avons tous monté les 150 pièces pour obtenir une belle yourte.










Quelle journée de fou … on a adoré tous ces moments departage et d’enchantement face aux beautés de la nature. Nous nous rendons à Kolchkor où nous passerons la nuit à la Guest house Mira. Nous avons bien mangé comme toujours, certains ont discuté avec une équipe de tournage d’une émission d’aventure, d’autres se sont lancés sur la confection d’avions en papier pour les enfants de la guesthouse. Ils ont ensuite passé un long moment à jouer et essayer de casser des bulles de savon avec leurs avions. Quelle belle soirée …
JOUR 7 Kotchkor – Tach Rabat
Aujourd’hui, nous avons beaucoup de route. D’abord, on doit se rendre à Naryn, (où nous mangerons ) pour ensuite prendre de l’altitude en suivant la route de la soie et découvrir le site extraordinaire de Tach Rabat. En chemin, nous faisons une halte au sommet d’un col et j’ai envie de partir prendre une photo d’une yourte avec une colline et des chevaux. Une dame est en train de traire une jument, sa tache finie elle m’invitera à déguster le lait chaud dans sa yourte, un moment fugace d’échange juste avec le regard.




Après des km de piste, nous arrivons au caravansérail de Tach Rabat. Ce site historique est situé dans les montagnes du Tian Shan à environ 3 200 mètres d’altitude. Ce monument en pierre, souvent daté du XVe siècle, servait d’abri aux commerçants, voyageurs et caravanes sur l’ancienne Route de la Soie.
C’est une construction en pierres avec une grande pièce voûtée entourée de 30 pièces. Il est partiellement encastré dans la montagne, ce qui le rend particulièrement impressionnant. Ce lieu était une halte pour les voyageurs qui se rendaient d’Asie en Europe, ils s’y reposaient, se soignaient et faisaient du commerce.







C’est dans ce lieu magique, seuls au monde que nous passerons la nuit après un repas toujours autant gargantuesque. Avant de manger, mes compagnons iront faire un sauna, je préfère la contemplation de la montagne, quand soudain je vois les garçons courir du sauna à la rivière, à noter que le camp est à 3’200 m d’altitude et que la rivière vient des sommets enneigés. Notre yourte sera la n°1, malgré le froid mordant de la nuit en altitude, le poêle chauffé à bloc nous permettra de dormir sereinement. Cette nuit là, deux de nos compagnons seront malades, l’altitude ou la nourriture …















JOUR 8 Tach Rabat – Son Kol
Le réveil avec cette vue est une des plus beaux moments de ce voyage, aujourd’hui nous commencerons par redescendre à Naryn et pique-niquer au bord d’une rivière avant l’ascension pour Son Kol Lake.





La piste est tortueuse et les véhicules avancent doucement sur la piste bringuebalante.
Le lac Son Kol est situé à 3000m d’altitude dans le massif du Tian Shan, c’est un lac d’altitude où la nature tutoie les camps de yourtes. Le lac est considéré comme la plus grande réserve d’eau douce naturelle du pays. En toile de fond, les sommets de 4000m qui sont le refuge de nombreuses espèces d’oiseaux mais aussi des loups, des renards, des marmottes et des léopards des neiges. Les pâturages environnant sont remplis de moutons, chèvres, vaches et chevaux qui sont en estivage. Notre camp de yourtes se trouve directement au bord du lac avec en son centre une plus grande yourte en guise de restaurant. Là, encore difficile de choisir qques photos…














Après le repas, nous mettons nos vestes car les nuits sont fraîches en altitude et nous assistons à notre plus beau coucher de soleil.
JOUR 9 Son Kol – Bichkek
La nuit fût paisible et réparatrice pour les malades. C’est le coeur lourd d’une fin de voyage que nous reprenons la route. Ce matin, nous descendrons à Kolchkor pour faire une halte restauration au même guesthouse où nous avions séjourné. Les kilomètres de piste s’enchaînent, notre véhicule secoue ses occupants mais laisse notre chauffeur misterT placide, rien ne le perturbe …. enfin jusqu’à un bruit suspect…les secousses ont eu raison du tuyau d’alimentation du turbo, il a perdu deux vis et ne tient plus. On enlève deux vis du capot que l’on met sur le tuyau avec des outils sortis d’une jolie trousse… et nous repartons rapidement.



Nous finirons dans les bouchons à l’entrée de Bichkek, le retour à la civilisation ne nous enchante guère. Nous passons par un grand magasin afin d’acheter des souvenirs car la panne et les bouchons ne nous permettent pas de passer par le bazar d’Och. La soirée se terminera au restaurant Navat où nous sommes tous emprunt de mélancolie, le Kirghizistan nous a tous réuni au départ et le voyage, la solidarité et la découverte de l’autre nous laisseront un tout aussi joli souvenir.
Aimeriez-vous visiter ce magnifique pays, vous aussi ??

























